23/04/2013
Un nouveau facteur de susceptibilité génétique de la maladie d’Alzheimer découvert par des chercheurs français
Il y a 5 ans, une recherche internationale de grande ampleur a été lancée pour découvrir de nouveaux facteurs de susceptibilité génétique de la maladie d’Alzheimer. En effet, la communauté scientifique mondiale s’accorde pour dire qu’identifier de nouveaux gènes participant au développement de la maladie, c’est identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour pouvoir trouver un traitement efficace. Ce programme consistait à déterminer des différences génétiques entre un grand nombre de patients atteints de la maladie d’Alzheimer et de sujets témoins. En France, plus de 20 000 patients ont été inclus dans ce programme, et beaucoup d’autres pays ont également participé à cette étude.
En 2009, ces travaux avaient permis à l’équipe française du Dr. Jean-Charles Lambert (Lille) d’identifier 2 nouveaux gènes de prédisposition de la maladie d’Alzheimer, intervenant dans l’élimination du constituant majeur des plaques amyloïdes du cerveau. Le Dr. Lambert avait également identifié un autre déterminant génétique en amont du gène appelé BIN1. Cependant, la façon dont ce nouveau gène intervenait dans le développement de la maladie n’était pas connue.
Le programme de recherche de Jean-Charles Lambert financé par LECMA entre 2009 à 2011 avait donc pour but de déterminer comment BIN1 pouvait intervenir dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Le Dr. Lambert vient de démontrer que des variations du gène BIN1 augmentent (1) le risque de développer la maladie d’Alzheimer, (2) la quantité de la protéine BIN1 dans le cerveau et (3) le nombre de lésions cérébrales caractéristiques de la maladie, les dégénérescences neurofibrillaires. Dans des modèles expérimentaux, il montre que la protéine BIN1 interagit avec la protéine tau, composante principale de cette dégénérescence neurofibrillaire, et que cette interaction augmente la toxicité de tau vis-à-vis des neurones.
Publiés dans le prestigieux journal Molecular Psychiatry, ces travaux sont les premiers à établir un lien entre un déterminant génétique de la maladie d’Alzheimer et la pathologie associée à la protéine tau. Les chercheurs pensent qu’en diminuant la quantité de BIN1 dans le cerveau, on va pouvoir diminuer la toxicité de la protéine tau et ainsi prévenir la formation des lésions. Cette nouvelle piste thérapeutique semble prometteuse.
Source: “Increased expression of BIN1 mediates Alzheimer genetic risk by modulating tau pathology”. Chapuis J, Hansmannel F, Gistelinck M, Mounier A, Van Cauwenberghe C, Kolen KV, Geller F, Sottejeau Y, Harold D, Dourlen P, Grenier-Boley B, Kamatani Y, Delepine B, Demiautte F, Zelenika D, Zommer N, Hamdane M, Bellenguez C, Dartigues JF, Hauw JJ, Letronne F, Ayral AM, Sleegers K, Schellens A, Broeck LV, Engelborghs S, De Deyn PP, Vandenberghe R, O'Donovan M, Owen M, Epelbaum J, Mercken M, Karran E, Bantscheff M, Drewes G, Joberty G, Campion D, Octave JN, Berr C, Lathrop M, Callaerts P, Mann D, Williams J, Buée L, Dewachter I, Van Broeckhoven C, Amouyel P, Moechars D, Dermaut B, Lambert JC. Mol Psychiatry. 2013 Feb 12.