28/01/2013
Un nouveau pas vers un vaccin contre la maladie d'Alzheimer
Une équipe de chercheurs de l'Université de Laval, au Québec et la société pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) ont découvert un moyen de stimuler les mécanismes de défense naturelle du cerveau chez des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Ces travaux de recherche ont été publiés dans la revue internationale PNAS et ouvrent la voie dans le développement d'un traitement contre la maladie d'Alzheimer et d'un vaccin pour prévenir la maladie.
L'une des principales lésions cérébrales de la maladie d'Alzheimer est la plaque sénile, qui est composée majoritairement d’une accumulation de la protéine bêta-amyloïde. Les cellules microgliales, qui représentent les défenses immunitaires du cerveau, ne sont plus capables d’éliminer la protéine bêta-amyloïde, qui s’agrège et forme ces plaques.
L'équipe dirigée par le Dr Serge Rivest, professeur à la Faculté de médecine de Laval et chercheur au centre de recherche du CHU de Québec, a identifié une molécule qui stimule l'activité des cellules immunitaires du cerveau. La molécule, connue sous le nom de MPL (le Monophosphoryl Lipid A), a été largement utilisée comme adjuvant développé par GSK pour augmenter la réponse immunitaire lors de la vaccination.
Chez des souris qui développent la maladie d'Alzheimer, des injections hebdomadaires de MPL sur une période de 3 mois ont permis d’éliminer jusqu'à 80% des plaques séniles. En outre, des tests mesurant la capacité des souris à apprendre de nouvelles tâches ont montré une amélioration significative de leur fonction cognitive au cours de la même période.
Les chercheurs voient deux utilisations possibles du MPL. Il pourrait être administré par injection intramusculaire aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer pour ralentir la progression de la maladie. Il pourrait également être incorporé dans un vaccin destiné à stimuler la production d'anticorps contre la protéine bêta-amyloïde.
Il ne faut pas oublier qu’il existe une autre lésion cérébrale de la maladie d’Alzheimer, les dégénérescences neurofibrillaires (composées de la protéine tau agrégée), positivement corrélées à la sévérité de la démence, qui provoquent la destruction des neurones. Cette protéine tau n’est pas ciblée par ce vaccin. Ainsi, à terme, un traitement efficace contre la maladie d’Alzheimer reposerait davantage sur une double vaccination contre les protéines bêta-amyloïdes et tau.
Source :
“Toll-like receptor 4 stimulation with the detoxified ligand monophosphoryl lipid A improves Alzheimer's disease-related pathology.” Michaud JP, Hallé M, Lampron A, Thériault P, Préfontaine P, Filali M, Tribout-Jover P, Lanteigne AM, Jodoin R, Cluff C, Brichard V, Palmantier R, Pilorget A, Larocque D, Rivest S. PNAS, 2013 Jan 15.