La prévention secondaire ou comment mieux vivre avec la maladie d’Alzheimer

La prévention secondaire pour éviter une aggravation accélérée de la maladie d’Alzheimer

Près de 900 000 personnes vivent aujourd’hui en France avec la maladie d’Alzheimer. En attendant que les chercheurs découvrent un traitement capable de la guérir, nous savons à présent qu’il existe de moyens pour mieux vivre au quotidien et éviter une aggravation accélérée de la maladie. Tel sont les objectifs de ce que l’on appelle « la prévention secondaire ». Afin d’accompagner au mieux les patients et d’éviter tout ce qui pourrait dégrader leur état de santé trop rapidement, une fois la maladie d’Alzheimer diagnostiquée, tous les médecins doivent mettre en place une prévention secondaire.

C’est tout du moins l’avis du Professeur Claire Paquet, neurologue chercheur à l’Hôpital Lariboisière à Paris et membre du Conseil scientifique de LECMA-Vaincre Alzheimer, qui explique que « la maladie d’Alzheimer est une maladie chronique, neurodégénérative, qui va évoluer petit à petit. L’objectif de la prévention secondaire est donc d’éviter tous les facteurs qui pourraient l’aggraver rapidement. »

Certains médicaments et antibiotiques contre-indiqués

Accusés d’aggraver les symptômes de la maladie d’Alzheimer, les anticholinergiques rassemblent notamment certaines classes d’antidouleur. « Il peut également s’agir de médicaments que l’on prescrit contre les spasmes ou que l’on donne dans les troubles urinaires dus à certains problèmes de prostate chez l’homme… » précise le Prof. Claire Paquet en insistant sur le fait que « le médecin doit s’assurer qu’un patient atteint d’une maladie d’Alzheimer ne prend pas un de ces traitements. »

Les médicaments potentiellement confusiogènes (qui provoquent un état de confusion, ndlr) sont également à éviter selon le Prof. Paquet. « Il s’agit de certains antibiotiques comme les fluoroquinolones que l’on donne dans les infections urinaires et dans certaines infections ORL. D’autres antalgiques contre la douleur, et les morphiniques en particulier, sont très confusiogènes. Il faut faire très attention à ce type de prescription pour un patient qui est atteint d’une maladie d’Alzheimer. »

Au delà de ces facteurs, une bonne observance thérapeutique est à surveiller avec attention. Pour la neurologue chercheur, «quand le patient ne comprend pas, ne retient pas ou ne sait pas s’il a déjà pris son traitement ou au contraire quand il l’oublie, cela est un facteur d’aggravation. Si un patient suit un traitement anticoagulant par exemple et un traitement antidiabétique et qu’il le prend deux fois, il peut y avoir des accidents thérapeutiques qui aggravent la maladie. »

Hospitalisation, anesthésie générale et infection : des éléments à surveiller

En cas d’hospitalisation, les patients peuvent perdre leurs repères et ainsi devenir anxieux et agités. « Cela engendre bien souvent des prescriptions de psychotropes qui vont aggraver les symptômes. » indique le Prof. Paquet avant d’ajouter que « l’anesthésie générale doit également être évitée lorsque cela est possible, notamment en cas de pose de prothèse de hanches, de genoux ou de fracture du poignet. »

Autre facteur à surveiller de près: l’infection et notamment la fièvre. Se vacciner contre la grippe, traiter les infections dès leur apparition et lutter contre la fièvre est indispensable pour éviter toute aggravation des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Cette prévention secondaire permet d’éviter beaucoup de désagréments et de permettre aux patients de vivre mieux avec la maladie d’Alzheimer. Mais il est évident qu’elle ne peut être mise en œuvre qu’en cas de diagnostic posé de maladie d’Alzheimer. Une raison supplémentaire de prôner le diagnostic précoce. A l’heure actuelle, un patient sur deux ignorerait encore qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer.

A retenir : La prévention secondaire est l’ensemble des démarches médicales mises en œuvre pour éviter une dégradation trop rapide de l’état de santé de la personne malade. Les infections, les anesthésies générales et la prise de certains médicaments sont, notamment, des facteurs contre-indiqués.

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